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Journée internationale de l’épilepsie : comprendre une maladie encore mal perçue

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Dr Ben Youssouf KEÏTA éclaire sur les causes, manifestations et moyens de prévention.

Chaque 9 février, la communauté internationale se mobilise autour de la Journée mondiale de l'épilepsie. Une date dédiée à la sensibilisation, à la lutte contre les préjugés et à la promotion de l'inclusion des personnes vivantes avec cette pathologie neurologique encore entourée de nombreuses idées reçues.

À l'occasion de cette journée, notre rédaction a échangé avec le Dr Ben Youssouf KEÏTA, médecin généraliste et ancien président de la Commission Santé de la huitième législature, afin de mieux comprendre cette maladie et les défis qu'elle pose.

Une perturbation brutale du système nerveux

Pour le praticien, l'épilepsie est avant tout un trouble neurologique lié à une activité anormale du cerveau.

« L'épilepsie est une décharge électrique désorganisée et fulminante du système nerveux. Elle perturbe brutalement le fonctionnement du corps », explique-t-il.

Cette perturbation peut se traduire par divers symptômes selon la forme de la crise.

« On observe généralement une perte de connaissance, des tremblements, parfois une perte involontaire des urines, une morsure de la langue et une hypersalivation. Tout dépend qu'il s'agisse d'un grand mal ou d'un petit mal », précise le Dr KEÏTA.

Une maladie imprévisible

L'un des aspects les plus difficiles à vivre pour les personnes atteintes d'épilepsie reste l'imprévisibilité des crises, qui peuvent survenir à tout moment, sans avertissement.

S'agissant des origines de la maladie, le médecin souligne que plusieurs facteurs peuvent être en cause, notamment chez les enfants.

« Les causes peuvent être multiples : tumorales, parfois inconnues. Tout se passe au niveau du cerveau, où se produit cette décharge électrique anormale », indique-t-il.

Il évoque également certains facteurs de risque modernes.

« Une exposition excessive des enfants à la télévision, notamment aux images clignotantes et aux effets électrophotobiques, peut favoriser des troubles neurologiques. À cela s'ajoute la prédisposition génétique lorsque des familles familiales existent », avertit-il.

Prévenir dès le plus jeune âge

Si l'épilepsie ne peut pas toujours être évitée, des mesures préventives peuvent néanmoins réduire les risques, selon le spécialiste.

« Lorsqu'il existe des familiaux, il est important de limiter l'exposition des enfants aux nuisances visuelles, notamment les écrans. Une stimulation excessive de la rétine et du cerveau peut, à long terme, favoriser l'apparition de crises », recommande le Dr KEÏTA.

Il attire également l'attention sur les conditions de la naissance.

« La souffrance fœtale pendant l'accouchement peut avoir des conséquences neurologiques, comme une dépression nerveuse ou même une épilepsie plus tardive. Ce risque ne doit pas être négligé », ajoute-t-il.

Une maladie mondiale, un combat collectif

Selon les données de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), près de 50 millions de personnes vivent avec l'épilepsie à travers le monde, faisant de cette affection l'un des troubles neurologiques les plus répandus.

Instituée en 2010, la Journée internationale de l'épilepsie se veut un rappel : au-delà de la maladie, c'est le regard de la société qu'il faut transformer, en mettant sur l'information, la formation aux gestes de premiers secours et la solidarité envers les personnes concernées.

Kogno Célestin Sagno pour 224infos


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